Bronchiolite à La Réunion : l’Agence régionale de santé lance une campagne de prévention pour protéger les nourrissons
Démarrée officiellement le 28 septembre dernier, la campagne de prévention contre les infections à Virus Respiratoire Syncytial (VRS), principal virus responsable de la bronchiolite, est désormais en place à La Réunion. L’Agence régionale de santé (ARS) de l’île déploie ce dispositif face à la pression croissante sur les urgences pédiatriques, avec un objectif précis : protéger les nourrissons contre les formes graves de la maladie, dès la naissance ou pendant la grossesse.
Les chiffres illustrent l’ampleur du défi opérationnel. En octobre 2025, 160 nourrissons sont passés aux urgences en quinze jours sur l’île. Le mois suivant, les autorités ont recensé, sur une seule semaine, une trentaine d’hospitalisations d’enfants de moins de deux ans. La bronchiolite, infection respiratoire virale très contagieuse, touche principalement les moins de deux ans et provoque chaque année une hausse significative des hospitalisations et des passages aux urgences pédiatriques, particulièrement durant l’été austral, saison chaude et humide. Elle figure parmi les principales causes de consultation médicale et d’hospitalisation chez les tout-petits, les nourrissons de moins de six mois étant particulièrement exposés aux formes les plus sévères.
Concrètement, deux traitements préventifs sont proposés, entièrement pris en charge par l’Assurance Maladie tout au long de la campagne. Les jeunes et futurs parents sont invités à se rapprocher de leur médecin, de leur sage-femme ou de leur pharmacien pour en bénéficier, indique l’ARS de La Réunion. Le premier dispositif concerne les nouveau-nés, immunisés grâce à une injection préventive dont l’efficacité est confirmée : une diminution de près de 75 % du risque d’hospitalisation et une baisse de 80 % du risque de développer une forme grave nécessitant une admission en réanimation. Le second s’adresse aux femmes enceintes, qui peuvent se faire vacciner pendant leur grossesse afin de transmettre des anticorps protecteurs à leur bébé avant sa naissance. Le nourrison se trouve ainsi protégé dès sa naissance et jusqu’à l’âge de six mois.
Au-delà de ces traitements, la campagne rappelle les signes qui doivent alerter les parents. La maladie peut débuter par un simple rhume et une toux, puis évoluer vers une gêne respiratoire, souvent accompagnée d’une difficulté à s’alimenter. L’enfant peut également présenter de la fièvre. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel de santé. Le virus se transmet par la salive, la toux et les éternuements, mais aussi via les mains et les objets, des tétines aux doudous en passant par les jouets. Les gestes simples de prévention restent donc essentiels pour limiter la circulation du virus : lavage des mains, absence de contact avec des personnes enrhumées, nettoyage régulier des objets du bébé et aération régulière des pièces du foyer.
Lorsque l’enfant est malade, les réflexes à adopter demeurent simples : désencombrer régulièrement le nez du bébé avec du sérum physiologique, aérer sa chambre, ne pas l’exposer à la fumée du tabac, lui donner régulièrement à boire, continuer à le coucher sur le dos à plat et l’emmener rapidement chez le médecin en cas de gêne respiratoire et de difficulté à s’alimenter. En cas de doute ou de signes de détresse respiratoire, il est recommandé d’appeler le 15. Dans la majeure partie des cas toutefois, la bronchiolite ne nécessite pas d’hospitalisation et peut être prise en charge classiquement par le médecin traitant.
Le détail de la campagne et des dispositifs proposés est accessible via le site Outre-mer La 1ère : https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/bronchiolite-une-nouvelle-campagne-de-prevention-pour-les-nourrissons-lancee-a-la-reunion-1744989.html
Par Harry Amourani