Un déficit de 700 000 dollars effacé et remplacé par un excédent de 3 millions de dollars : c’est le socle comptable qui justifie le changement annoncé samedi 31 octobre 2026 par Madagascar Airlines, qui va redevenir Air Madagascar. Le retournement, opéré depuis la prise de fonction du directeur général Rado Rabarilala en mai 2026, a été confirmé lors d’une conférence de presse tenue en présence du Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, et du ministre des Transports et de la Météorologie, Herizo Andrianavalona. Le projet, évoqué dès fin juillet 2026 lors de la réouverture des agences dans les grandes villes du pays, repose donc d’abord sur des comptes assainis.
Pour les investisseurs et opérateurs qui suivent le dossier, l’argument central est économique. Selon Madagascar-Tribune, le rebond a été obtenu uniquement grâce aux vols intérieurs et à une restructuration profonde de l’entreprise. L’équilibre financier a été atteint sans recours aux lignes internationales, un signal important pour quiconque évalue la viabilité du transporteur. La marque retrouve ainsi sa valeur historique sur un marché domestique désormais rentable.
Le retour de la marque Air Madagascar, présenté comme un terme marketing, un simple “naming”, s’accompagne de la réouverture d’agences à Mahajanga et à Analakely. Cette démarche s’inscrit dans une vision du transport aérien comme vecteur économique. “Le transport aérien n’est pas un luxe. Il constitue un outil de mobilité, d’échange et de développement”, justifie le patron d’Air-Mad, cité par L’Express de Madagascar. L’avion est ici traité comme une infrastructure de flux, au même titre qu’une route ou un port.
Sur le plan réglementaire, la transition ne sera pas immédiate. Dans un premier temps, malgré le changement de décor sur les appareils, les vols s’effectuent toujours avec la certification délivrée à Madagascar Airlines. La finalisation du transfert des CTA, le certificat d’exploitation, ainsi que la fusion-absorption des deux entités, sont attendues pour fin décembre 2026, selon 2424.mg. Ce délai administratif détermine le calendrier d’une étape encore plus ambitieuse pour la compagnie et ses soutiens publics.
Ce laps de temps sera en effet mis à profit par les dirigeants et le gouvernement pour lancer l’ultime projet : l’achat d’un Boeing 737-200. L’acquisition de cet équipement lourd marque l’ambition de prolonger le redressement au-delà du marché domestique qui a remis la société à flot. Sur ce dossier, l’engagement de l’État est sans ambiguïté. “Le gouvernement appuie Air Madagascar à 100%”, a conclu le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, selon Midi-Madagascar.
Le tableau ainsi dressé est celui d’une entreprise dont la trajectoire s’inverse : des pertes réduites puis effacées, un excédent de 3 millions de dollars, une marque reconstituée et un partenaire public qui revendique un soutien total. Reste à savoir si l’arrivée du Boeing 737-200 et le transfert définitif des certificats d’exploitation permettront de prolonger cette dynamique au-delà de la seule navigation intérieure. Article écrit par Fabrice Floch.