Lycéens dans l'Aude : deux rassemblements mardi contre les conditions d'études

Lycéens dans l'Aude : deux rassemblements mardi contre les conditions d'études

Des propositions chiffrées pour financer la rénovation des lycées et l'enseignement supérieur

Mardi 13 octobre, la mobilisation lycéenne contre la dégradation des conditions d’études se traduira dans la rue par deux rassemblements dans l’Aude. À Carcassonne, les manifestants sont appelés à se retrouver à 10 heures devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale ; à Narbonne, le rendez-vous est fixé à 9 h 30 devant la sous-préfecture. En amont de cette journée d’action, un étudiant carcassonnais engagé, Yassin El Kdim, cofondateur du collectif Nous Carcassonne, a formulé une série de propositions destinées à alimenter le débat sur la mise en œuvre des réformes réclamées.

Son constat de départ est sans détour : « Les annonces du gouvernement jusqu’ici, ne sont pas à la hauteur », prévient-il. Annoncer de grands chantiers, des réflexions et une réponse potentielle d’ici la fin du mois d’octobre relève, pour lui, de l’insuffisant. Le mouvement lycéen et étudiant, souligne-t-il, a déjà posé ses exigences, et elles sont claires : rénovation du bâti, recrutements et remplacements des professeurs, refonte des rythmes, 250 000 places supplémentaires dans le supérieur, bourses revalorisées, fin du gel des APL, suppression du plan « bienvenue en France » et de ses frais d’inscription différenciés pour les étudiants extra-européens, ainsi que l’arrêt de toute répression du mouvement.

Sur le plan du financement, l’étudiant s’appuie sur le plan « Reconstruire l’éducation », élaboré par Elise Huillery et Romane Paris du Public Finance Lab (PSL), ainsi que sur les revendications des syndicats lycéens et étudiants. De ce socle, il estime qu’il est possible de dresser un plan de mesures chiffrées et financées représentant moins de 12 milliards d’euros par an. Le dispositif pourrait être couvert par la mise en place d’un impôt sur les très grandes successions, qui ne toucherait que 1 % des héritiers et rapporterait environ 12,7 milliards d’euros par an. « À l’heure où 9 000 milliards d’euros de patrimoine vont se transmettre d’ici 2040, il est juste de demander un effort supplémentaire aux plus gros héritages pour offrir un avenir à toute une génération. Il faut assumer ce choix de société et investir dans les plus jeunes générations et l’avenir », complète-t-il.

Partant de l’idée qu’un « ascenseur social en panne, c’est une promesse républicaine non tenue », Yassin El Kdim appelle à une volonté politique forte. « Investir dans l’éducation n’est jamais “un coût”, car ces dépenses créent de l’emploi, de la productivité et des recettes fiscales, et elles se remboursent à long terme », assure-t-il. La refonte des rythmes scolaires et l’attention portée à la santé mentale, pourtant érigée en « Grande Cause nationale » en 2025 et en 2026, figurent également parmi ses priorités.

Pour le département de l’Aude, le jeune homme ébauche des pistes destinées à garantir un « avenir social et économique » au territoire. Il énumère : garder les enseignants, moduler les moyens selon le profil social, revaloriser les bourses et le logement étudiant, et ouvrir des places de BTS et d’IUT dans les villes moyennes, où les universités sont souvent absentes, délocalisées ou insuffisantes. Il propose aussi des bourses ouvertes aux 60 % de familles les plus modestes et versées sur douze mois, une mesure qui, selon lui, change la donne pour un jeune Audois contraint d’étudier à Perpignan, Montpellier ou Toulouse. Il suggère en outre de renforcer les antennes en BTS et IUT de Carcassonne et Narbonne, et d’étudier de nouvelles formations dans d’autres villes moyennes comme Castelnaudary ou Limoux. « Il y a ici une chance d’ouvrir des formations liées au besoin du territoire », conclut-il.

Autant de propositions qui démontrent, si besoin était, que la jeunesse n’est pas écervelée mais qu’elle a son mot à dire quand il s’agit de son avenir. Reste à savoir si la réponse gouvernementale attendue d’ici la fin octobre saura traduire ces exigences en mesures concrètes et financées.

Questions-réponses

Où et quand auront lieu les rassemblements dans l'Aude ?

À Carcassonne à 10 heures devant la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale, et à Narbonne à 9 h 30 devant la sous-préfecture, mardi 13 octobre.

Comment le plan de mesures proposé serait-il financé ?

Par un impôt sur les très grandes successions, qui ne toucherait que 1 % des héritiers et rapporterait environ 12,7 milliards d'euros par an, pour couvrir un plan de moins de 12 milliards d'euros annuels.

Sur quelles bases s'appuie ce plan de financement ?

Sur le plan « Reconstruire l'éducation » élaboré par Elise Huillery et Romane Paris du Public Finance Lab (PSL), ainsi que sur les revendications des syndicats lycéens et étudiants.

Quelles pistes sont proposées pour le département de l'Aude ?

Garder les enseignants, moduler les moyens selon le profil social, revaloriser les bourses et le logement étudiant, ouvrir des places de BTS et d'IUT dans les villes moyennes, renforcer les antennes de Carcassonne et Narbonne, et étudier de nouvelles formations à Castelnaudary ou Limoux.