Mondial de l'Auto : la transition énergétique sous surveillance

Mondial de l'Auto : la transition énergétique sous surveillance

Les statistiques d'immatriculation mesurent l'écart entre objectifs publics et parc réel

Le Mondial de l’Auto ouvre ses portes ce lundi 12 octobre au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris, pour une semaine (le grand public est attendu à partir du 13 octobre, au lendemain de la journée presse). Comme toutes les années paires, le salon s’ouvre dans un contexte où la politique de transition énergétique du gouvernement se lit désormais directement dans les statistiques d’immatriculation. La flambée du prix des carburants, consécutive à la fermeture du détroit d’Ormuz, devrait nourrir les discussions dans les allées, mais l’accent sera surtout mis sur l’électrique et les innovations liées à la transition énergétique.

Les chiffres officiels du Service des données et études statistiques (SDES) donnent la mesure du décalage entre les objectifs affichés par l’exécutif et l’état réel du parc automobile. Au 1er janvier 2026, sur les 40 millions de voitures particulières qui circulent en France, 93 % sont encore des véhicules thermiques : 46 % au diesel, 40 % à l’essence et 7 % hybrides non rechargeables. Les véhicules électriques ne représentent que 3,5 % du parc, les hybrides rechargeables 2 % et ceux roulant au gaz 1,5 %. Un parc vieillissant, où l’âge moyen d’un véhicule circulant est d’environ 12 ans, qui explique en partie cette inertie face aux objectifs publics.

Les immatriculations de véhicules neufs racontent pourtant une autre histoire, plus conforme à la feuille de route fixée par le gouvernement. Sur les 1,3 million de voitures sorties d’usine depuis le 1er janvier 2026, près de 360 000 sont électriques, soit environ 30 % du marché neuf et une progression de 74 % sur un an, selon le SDES. Le mois d’août est particulièrement parlant : 36 000 voitures électriques ont été immatriculées, une part de 38,2 % du marché, portée par les modèles Tesla Model Y et Renault 5 en tête des ventes. C’est davantage que tous les autres types de véhicules ce mois-là : hybrides non rechargeables (36,8 %), essences (12,3 %), hybrides rechargeables (6,3 %), voitures au gaz (4 %) et diesels (2,4 %).

La dynamique dépasse déjà les résultats des années précédentes. Sur les neuf premiers mois de l’année, la production électrique a dépassé celle de la totalité de 2025 (331 000 véhicules, alors 20 % des immatriculations neuves). En 2024, on recensait 295 000 véhicules pour une part de 17 %.

Cette trajectoire rejoint les objectifs fixés par le gouvernement : deux voitures neuves sur trois vendues en 2030 devraient être 100 % électriques, une part portée ensuite à 90 % en 2035. « Sur les ventes de véhicules neufs, on a gagné entre deux et trois ans en termes de trajectoire vers la transition au 100 % électrique » depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, explique à l’AFP Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire Cetelem.

L’action publique s’appuie aussi sur des leviers économiques. Le développement de l’offre, de nouveaux modèles plus accessibles, les aides gouvernementales à l’achat et le leasing social permettent d’estomper les écarts de prix avec les véhicules thermiques. Ces dispositifs semblent porter leurs fruits jusque sur le marché de l’occasion : depuis janvier et jusqu’à fin août 2026, 162 032 voitures électriques d’occasion ont changé de propriétaire, une progression de 52 %.

La tendance se vérifie au-delà des frontières, y compris chez les partenaires européens de la France. En Allemagne, la part des voitures électriques dans les immatriculations neuves a atteint un record de 34,5 % en septembre 2026 (88 600 véhicules), certes portée par une prime gouvernementale, soit deux fois plus qu’en septembre 2025. Le même constat qu’en France y est fait sur les motorisations thermiques : les immatriculations de voitures à essence ont chuté de 29,2 % sur un an, celles du diesel de 20,1 %.

En France, toutes motorisations confondues, 156 629 immatriculations de véhicules neufs ont été enregistrées en septembre 2026, une hausse de 11,6 % par rapport à septembre 2025, alors que ce n’est « pas un gros mois en général », selon la Plateforme automobile (PFA), le lobby des constructeurs et équipementiers, auprès de BFMTV. Près d’un tiers des automobilistes français prévoient par ailleurs d’acheter un véhicule l’année prochaine, selon l’observatoire Cetelem de l’automobile 2027 publié le 6 octobre.

Les acheteurs qui ne franchissent pas encore le pas du tout électrique se tournent vers les hybrides non rechargeables, catégorie leader, au coude-à-coude avec l’électrique, particulièrement adaptée à un usage urbain et mixte où la récupération d’énergie réduit la consommation. Selon le même observatoire Cetelem, la moitié des Français interrogés citent le prix comme premier critère d’achat d’une voiture neuve, mais face à la hausse des coûts d’usage et à l’explosion des prix des carburants, 60 % des Français pensent acquérir un véhicule électrique ou hybride. Un signal qui devrait peser sur les arbitrages politiques à venir, alors que l’écart persiste encore entre les objectifs fixés pour 2030 et l’état actuel du parc.

Questions-réponses

Quel est l'état réel du parc automobile français au 1er janvier 2026 ?

Sur les 40 millions de voitures particulières en circulation, 93 % sont thermiques (46 % diesel, 40 % essence, 7 % hybrides non rechargeables), contre 3,5 % d'électriques, 2 % d'hybrides rechargeables et 1,5 % de gaz. L'âge moyen est d'environ 12 ans.

Quels objectifs le gouvernement s'est-il fixé pour les ventes de voitures électriques ?

Deux voitures neuves sur trois vendues en 2030 devraient être 100 % électriques, une part portée à 90 % en 2035.

Comment les aides publiques soutiennent-elles la transition ?

Le gouvernement s'appuie sur des aides à l'achat et le leasing social, qui estompent les écarts de prix avec les véhicules thermiques. Ces dispositifs portent aussi leurs fruits sur le marché de l'occasion, avec 162 032 voitures électriques d'occasion vendues depuis janvier (+52 %).

Quelle est la situation en Allemagne ?

La part des voitures électriques dans les immatriculations neuves a atteint un record de 34,5 % en septembre 2026 (88 600 véhicules), deux fois plus qu'en septembre 2025, portée par une prime gouvernementale. Les immatriculations d'essence ont chuté de 29,2 % et le diesel de 20,1 % sur un an.