PSOILICY : 42 mois pour traduire les sols en politiques

PSOILICY : 42 mois pour traduire les sols en politiques

Un consortium de 15 partenaires lance un programme de 42 mois pour relier science des sols et décision publique

Le projet européen PSOILICY a officiellement démarré début octobre par une réunion de trois jours au Laboratoire Sols et Environnement de Nancy. Les 15 organisations partenaires y ont posé les bases d’un travail commun de 42 mois. Financé par le programme Horizon Europe dans le cadre de la Mission « Un pacte pour des sols sains en Europe », le projet poursuit un objectif très concret : faire en sorte que les connaissances scientifiques sur les sols se traduisent réellement en décisions publiques, au lieu de rester confinées aux publications de recherche.

Le constat qui motive cette mobilisation est établi. Plus de 60 % des sols de l’Union européenne sont aujourd’hui en mauvaise santé, ce qui menace la sécurité alimentaire, la résilience climatique et la biodiversité. Les connaissances et les structures de gouvernance nécessaires pour inverser cette tendance restent toutefois fragmentées. PSOILICY entend combler ces lacunes par des livrables opérationnels : la création de hubs nationaux pour la santé des sols dans tous les États membres, le renforcement des interfaces entre science et politiques publiques, et le développement d’outils capables de convertir les savoirs scientifiques en décisions concrètes.

La coordination opérationnelle est assurée par Marion Bardy (DAPP) et Christophe Schwartz (LSE, UMR INRAE-UL). La réunion de lancement nancéienne a permis de poser les fondations du chantier : présenter les objectifs du consortium, recueillir les attentes des services de la Commission européenne (DG AGRI, Mission Sol, DG ENV, JRC) et du ministère français chargé de l’environnement, partager les apports des partenaires et définir les premières étapes de travail. Cette rencontre ouvre une collaboration de 42 mois destinée à structurer les échanges entre scientifiques, décideurs et acteurs de terrain, et à bâtir des outils et des réseaux au service de politiques de préservation et de restauration des sols fondées sur les connaissances.

Sur le plan réglementaire, les livrables sont directement alignés sur deux textes en cours de mise en œuvre : la loi européenne sur la surveillance des sols (Soil Monitoring Law) et la stratégie européenne pour les sols à l’horizon 2030. En collaboration étroite avec le Centre commun de recherche (JRC), l’Observatoire européen des sols (EUSO) et la plateforme de la Mission « Sol », le projet contribue à traduire les indicateurs techniques de la loi en décisions de gouvernance. Il participe ainsi à l’objectif chiffré de la Mission « Sol » : parvenir à 75 % de sols européens en bonne santé ou en voie d’amélioration d’ici 2030.

Le chantier se déploie selon sept objectifs, tous orientés vers le renforcement des liens entre science et politiques publiques. Il s’agit d’abord de recenser et d’évaluer les dispositifs existants reliant science et politiques sur la santé des sols, puis d’étudier la création d’un « science service » européen dédié à cette thématique. Le projet prévoit ensuite de développer un outil interopérable de gestion des connaissances, en s’appuyant sur les plateformes et ressources existantes, et de créer une boîte à outils pour faciliter les interfaces entre science et décideurs. Viennent enfin la mobilisation des acteurs et la structuration des réseaux pour favoriser la co-construction de stratégies de résilience des sols, la création et la consolidation d’un réseau européen de hubs nationaux, et la pérennisation des résultats du projet en assurant leur visibilité, leur appropriation et leur durabilité.

Jusque dans son identité, le projet affiche cette ambition de relier production de savoirs et exercice de la gouvernance. Le nom PSOILICY, qui mêle Soil et Policy en un seul mot, illustre la volonté de rapprocher recherche et décision publique pour renforcer la gouvernance des sols en Europe. Le logo, aux formes géométriques entrelacées, symbolise les liens entre science, politiques publiques et acteurs européens, et évoque le dialogue, la coopération et le partage des connaissances.

Les prochains jalons de ce programme de 42 mois, et la manière dont les hubs nationaux et les outils annoncés prendront forme concrètement, pourront être suivis sur le site internet du projet et sur son compte LinkedIn PSOILICY.

Questions-réponses

Quand et où le projet PSOILICY a-t-il été lancé ?

Le projet a officiellement démarré début octobre par une réunion de trois jours au Laboratoire Sols et Environnement (LSE) de Nancy, qui a réuni les 15 organisations partenaires.

Quels sont les principaux livrables opérationnels prévus ?

La création de hubs nationaux pour la santé des sols dans tous les États membres, le renforcement des interfaces entre science et politiques publiques, un outil interopérable de gestion des connaissances, une boîte à outils pour les décideurs, et la structuration d'un réseau européen de hubs nationaux.

Avec quels textes réglementaires les livrables sont-ils alignés ?

Avec la loi européenne sur la surveillance des sols (Soil Monitoring Law) et la stratégie européenne pour les sols à l'horizon 2030, en collaboration avec le JRC, l'Observatoire européen des sols (EUSO) et la plateforme de la Mission « Sol ».

Qui assure la coordination opérationnelle du projet ?

Marion Bardy (DAPP) et Christophe Schwartz (LSE, UMR INRAE-UL) assurent la coordination opérationnelle du consortium.