6 000 salariés de Gifi attendent leur sort après l'annonce

6 000 salariés de Gifi attendent leur sort après l'annonce

Les équipes des 500 points de vente et du siège de Villeneuve-sur-Lot dans l'incertitude

Gifi en cessation de paiements : la descente aux enfers se poursuit pour l’enseigne aux 500 magasins et 6 000 salariés

Dans les allées des 500 magasins Gifi, derrière les rayons de discount, ce sont 6 000 salariés qui attendent une nouvelle susceptible de changer leur quotidien. Selon les informations de Sud Ouest, l’enseigne fondée en 1981 par Philippe Ginestet se trouverait en état de cessation de paiements. L’annonce devrait être officialisée mardi 20 octobre, à l’occasion d’un comité d’entreprise extraordinaire convoqué spécialement pour en informer les équipes.

Pour ces collaborateurs, dont 10 % travaillent à Villeneuve-sur-Lot, ville où se situe le siège social de l’entreprise, les mois qui viennent s’annoncent incertains. La gouvernance de Gifi devrait solliciter la protection judiciaire du tribunal de commerce de Toulouse, et une procédure collective de redressement judiciaire apparaît comme l’option la plus plausible à la suite de la cessation de paiements.

L’objectif affiché d’une telle procédure serait de geler une partie des dettes de l’enseigne, afin de donner au discounter et à sa direction une chance de construire un nouveau modèle économique plus viable. Un enjeu qui dépasse largement les salles de réunion : il conditionne l’avenir professionnel de milliers de foyers, du siège de Villeneuve-sur-Lot jusqu’aux points de vente répartis sur le territoire.

Car les signaux d’alerte s’étaient accumulés depuis plusieurs mois, et ce sont d’abord les équipes de magasin et les fournisseurs qui en ont ressenti les effets au quotidien. L’enseigne n’était plus en capacité de renouveler ses stocks, ni d’honorer ses créances. Un quotidien difficile pour les salariés, malgré les rallonges accordées par Philippe Ginestet, actionnaire majoritaire qui détient toujours 60 % des parts et préside le conseil de surveillance.

Les causes de cette spirale sont multiples, et chacune a laissé des traces concrètes dans le fonctionnement de l’entreprise. Une bascule informatique ratée a fragilisé l’outil de travail. L’arrivée de nouveaux acteurs comme Action, difficiles à concurrencer, a redessiné le paysage dans lequel les vendeurs et les responsables de magasin exercent leur métier. Enfin, une montée en gamme hasardeuse a fini par perdre les clients historiques de l’enseigne, ceux-là mêmes qui faisaient vivre les caisses des 500 points de vente.

Reste une question qui préoccupe au premier chef les familles salariées de l’enseigne : est-ce la fin de l’aventure pour Gifi ? Rien n’est tranché à ce stade. La procédure de redressement judiciaire, si elle est prononcée par le tribunal de commerce de Toulouse, vise précisément à offrir un répit à l’entreprise pour se réorganiser. Pour les 6 000 collaborateurs concernés, et en particulier les équipes de Villeneuve-sur-Lot où l’enseigne pèse lourd dans la vie locale, tout dépendra désormais de la capacité de la gouvernance à présenter un projet crédible.

En attendant l’officialisation attendue mardi 20 octobre devant le comité d’entreprise extraordinaire, l’inquiétude reste vive au sein d’une entreprise fondée il y a plus de quatre décennies par Philippe Ginestet et qui, malgré ses difficultés, compte toujours ses 500 magasins et ses 6 000 salariés. Ce sont eux, au bout du compte, qui vivront les conséquences des décisions à venir, dans les rayons, aux caisses et dans les bureaux du siège social.

Questions-réponses

Que se passe-t-il pour Gifi ?

L'enseigne fondée en 1981 par Philippe Ginestet se trouverait en état de cessation de paiements, selon les informations de Sud Ouest.

Quand les salariés seront-ils informés ?

L'annonce devrait être officialisée mardi 20 octobre, à l'occasion d'un comité d'entreprise extraordinaire convoqué pour en informer les équipes.

Quelle procédure est envisagée ?

La gouvernance devrait solliciter la protection judiciaire du tribunal de commerce de Toulouse, et une procédure de redressement judiciaire apparaît comme l'option la plus plausible.

Quelles sont les causes des difficultés ?

Une bascule informatique ratée, l'arrivée de concurrents comme Action et une montée en gamme hasardeuse qui a fait perdre les clients historiques de l'enseigne.