Prix des carburants: la libération des stocks stratégiques peut-elle soulager les automobilistes?
Pour les ménages et les professionnels qui font le plein chaque semaine, la question est simple: la libération des stocks stratégiques de pétrole va-t-elle enfin faire baisser les prix à la pompe? Interrogé ce dimanche 4 octobre sur BFMTV, Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc, apporte une réponse prudente. Selon lui, “il y aura certainement un petit effet sur le gazole”, mais il refuse d’avancer un chiffre ou un calendrier précis.
Cette prudence illustre l’incertitude qui pèse sur le quotidien des consommateurs. Le carburant représente une dépense contrainte majeure, aussi bien pour les trajets quotidiens que pour le transport routier de marchandises, dont dépend l’approvisionnement du pays.
L’initiative relève d’une décision politique aux conséquences directes sur le portefeuille des citoyens. “L’initiative du président (Emmanuel Macron ndlr), c’est qu’à défaut d’avoir un accord des belligérants pour libérer les détroits, on libère du stockage stratégique. Ça aura des effets positifs”, prédit Michel-Édouard Leclerc sur l’antenne de BFMTV. Il reste toutefois lucide sur les limites de l’exercice: “Je ne sais pas combien de ce brut sera transformé en gazole et dans quelle période, avec quel cours du dollar”, détaille-t-il. Autrement dit, le soulagement espéré par les conducteurs dépendra de variables techniques et monétaires qui échappent, pour l’instant, à toute prévision ferme.
Les autorités publiques avancent néanmoins des chiffres concrets. Quelque 325 millions de barils de réserves stratégiques de pétrole et de produits pétroliers ont été libérés à ce jour, sur les 400 millions promis par le G7 en mars, a annoncé ce samedi l’Agence internationale de l’énergie. La veille, le G7 avait annoncé “une libération coordonnée, par l’AIE, de 100 millions de barils, qui commencera immédiatement”. Son communiqué ne précisait pas si ces 100 millions de barils comprenaient les 75 millions restants prévus par l’engagement pris le 11 mars, ou s’ils portaient un engagement total à 500 millions de barils. Cette ambiguïté laisse planer un doute sur l’ampleur réelle du dispositif, alors que les usagers attendent des réponses claires.
Ces réserves ne sont pas nées de la crise actuelle. Elles sont prévues depuis 1974, l’année qui avait suivi le choc pétrolier déclenché par la guerre du Kippour, dans le but de contrer les tensions subites sur l’offre. Un mécanisme de protection conçu précisément pour garantir la sécurité d’approvisionnement dont dépendent les citoyens en période de crise.
L’enjeu pour la population est considérable, car les prix atteignent des sommets dans l’Union européenne. Depuis fin février, les carburants sont poussés à la hausse par le blocage du détroit d’Ormuz, où transitaient habituellement environ 20% des hydrocarbures mondiaux, puis ultérieurement par le blocus des exportations saoudiennes en mer Rouge par les Houthis et par les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes. Ce jeudi, le prix du gazole a atteint un nouveau sommet historique dans l’Union européenne, avec une moyenne hebdomadaire de 2,24 euros le litre. Dans certains pays, le litre de gazole, principal carburant du transport routier, dépassait même les 2,50 euros.
L’objectif affiché de ces déstockages est de détendre les tensions d’approvisionnement et de lutter contre cette envolée des prix à la pompe. Reste à savoir si cet effort collectif se traduira, et à quelle échéance, par un allègement tangible pour les budgets des ménages. Pour l’heure, les observateurs comme Michel-Édouard Leclerc appellent à la prudence, et les consommateurs devront attendre d’éventuels effets sur le gazole avant d’en constater les bénéfices. Une analyse détaillée de ces annonces est par ailleurs disponible sur https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/energie/prix-des-carburants-selon-michel-edouard-leclerc-la-liberation-de-stocks-strategiques-de-barils-aura-des-effets-positifs_AV-202610040173.html.