Présidentielle 2027: un sondage Ipsos-BVA-Cesi dessine un second tour Mélenchon-Le Pen dans toutes les configurations
Un sondage Ipsos-BVA-Cesi école d’ingénieurs, publié samedi dans Le Parisien après les violences du 17 octobre, livre une photographie des forces en présence pour la présidentielle de 2027. Réalisée en ligne les 21 et 22 octobre auprès de 1.500 personnes inscrites sur les listes électorales, l’enquête applique la méthode des quotas sur un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, avec une marge d’erreur située entre 0,7 et 2,5 points.
Le résultat central tient en une phrase: Jean-Luc Mélenchon se qualifierait pour le second tour dans toutes les hypothèses testées, aux côtés de Marine Le Pen, qui reste largement en tête. La leader du Rassemblement national, qui tiendra dimanche à Orléans son premier meeting de campagne, obtiendrait entre 32% et 33,5% des intentions de vote selon les configurations. Jean-Luc Mélenchon, lui, serait crédité de 17% quel que soit le point de départ au centre et à droite, un niveau de stabilité que l’enquête n’observait pas auparavant.
Le contraste avec la vague précédente, menée du 31 août au 2 septembre, est net. Le candidat de La France insoumise ne pouvait alors accéder au second tour que dans un seul cas de figure, si Gabriel Attal et Édouard Philippe (Horizons) se présentaient simultanément pour le bloc central. Ce scénario n’est désormais plus nécessaire à sa qualification.
Du côté du centre et de la droite, les scores traduisent des écarts importants selon l’offre électorale proposée aux Français. Édouard Philippe, testé à 15% s’il se porte candidat seul au centre, reste derrière les deux favoris. Il fait jeu égal avec le candidat social-démocrate Raphaël Glucksmann, à 13%, si Gabriel Attal (Renaissance) se présente en même temps.
Gabriel Attal passe sous la barre des 10% d’intentions de vote, avec 4% face à Édouard Philippe et 9,5% s’il part seul au centre. À l’inverse, Raphaël Glucksmann atteindrait 15,5% dans l’hypothèse où Gabriel Attal se présenterait seul. C’est dans cette même configuration que Bruno Retailleau (LR) réaliserait son meilleur score, à 11,5%.
David Lisnard, maire de Cannes et ex-LR, a été testé dans une configuration avec Bruno Retailleau et sans Gabriel Attal. Il y recueillerait 6,5%, devant le patron de LR, crédité de 5,5%.
L’enquête comporte également un volet sur les violences qui ont marqué les manifestations du 17 octobre dernier. Interrogés sur ces événements, 58% des Français déclarent ressentir de la colère, 37% de l’inquiétude et 33% de la honte. Ils sont 81% à juger le gouvernement responsable de cette situation. Les groupes politiques radicaux arrivent au deuxième rang des responsables, à 79%, devant les partis de gauche (62%) et les forces de l’ordre (52%).
Sur la gestion de la crise au cours de la semaine écoulée, 80% des personnes interrogées estiment qu’Emmanuel Macron n’a pas eu la bonne attitude, 71% en disent autant de Jean-Luc Mélenchon, contre seulement 43% pour Marine Le Pen.
Comme toute enquête d’opinion, ce sondage constitue une photographie du moment sans valeur prédictive. Reste à savoir si les configurations testées résisteront aux candidatures officielles, encore loin d’être toutes déclarées à deux ans de l’échéance.