Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a tranché : la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, initialement prévue au Palais du Pharo à Marseille, se tiendra désormais à Paris, au Quai d’Orsay, lundi et mardi prochains, à compter du lundi 9 novembre 2026. Cette décision, prise à quelques jours seulement de l’échéance, constitue un revirement de dernière minute qui sème la stupeur parmi les délégations étrangères.
Officiellement, le Quai d’Orsay justifie ce choix par des “raisons logistiques et opérationnelles”, selon son porte-parolat. La relocalisation doit notamment permettre au chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, de participer au Forum de Paris sur la paix, programmé les 10 et 11 novembre au Palais de Chaillot. L’enchaînement immédiat des deux rendez-vous nécessite une mobilisation massive de moyens humains, matériels, de sécurité, d’hébergement et de transport. Selon Paris, centraliser les deux événements dans la capitale est la seule option réaliste pour “garantir le bon déroulement de ces deux rendez-vous internationaux”.
Cette décision soulève une question de cohérence institutionnelle. Le changement intervient alors même que des agents d’ambassades étrangères se trouvaient déjà à Marseille jeudi pour finaliser l’organisation d’un événement par nature ultra-sécurisé. Sur place, ces personnels ne cachent pas leur surprise face à un tel revirement à si brève échéance.
Les démentis officiels du Quai d’Orsay rendent ce revirement d’autant plus interpellant. Les bruits d’un déplacement circulaient déjà la semaine dernière, alimentés par les risques liés aux mouvements sociaux en France et à de potentielles menaces sécuritaires. À l’époque, le ministère avait fermement démenti. Pas plus tard que samedi dernier, un communiqué officiel réaffirmait encore que Jean-Noël Barrot présiderait les travaux des 9 et 10 novembre depuis le Palais du Pharo. L’écart entre la communication officielle et la décision finale pose la question de la fiabilité des engagements annoncés par l’institution, quelques jours avant l’arrivée des délégations.
Pour les observateurs attentifs à la gouvernance de tels événements, ce chaos organisationnel contraste avec l’enjeu de fond, qui reste entier. Il s’agit de la deuxième réunion formelle sous présidence française, laquelle s’achève à la fin de l’année avant de passer le relais aux États-Unis. Elle doit permettre aux puissances du G7 (l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni) de coordonner leurs positions sur le règlement des crises internationales.
Six pays partenaires majeurs sont également attendus : l’Ukraine, le Brésil, l’Égypte, l’Arabie saoudite, la Corée du Sud et le Kenya. Une table ronde élargie et cruciale, qui devra désormais trouver ses marques à Paris.
Le détail de cette relocalisation est notamment documenté dans un article publié par La Provence, disponible à l’adresse suivante : https://www.laprovence.com/article/societe/93062054199709/g7-affaires-etrangeres-la-reunion-ministerielle-relocalisee-en-urgence-de-marseille-a-paris
Reste à savoir si la communication du Quai d’Orsay, désavouée par ses propres communiqués de la semaine écoulée, saura restaurer la confiance des délégations étrangères à l’approche de l’ouverture des travaux.