En avril 2025, une opération conjointe d’INTERPOL et des forces de police de Côte d’Ivoire et du Ghana a mis au jour un vaste réseau de traite d’êtres humains opérant sous le couvert de la vente multiniveau. Les autorités ont perquisitionné des maisons clandestines à Abidjan, libérant 33 victimes originaires du Bénin, du Burkina Faso, du Ghana et du Togo. Ces jeunes, attirés par de fausses promesses d’emplois au Canada assorties de frais de dossier s’élevant à 9 000 dollars, se sont retrouvés séquestrés et contraints de recruter de nouveaux membres pour le compte de réseaux criminels transnationaux qui détournent la marque de l’entreprise Qnet.
Cette utilisation abusive de l’image de Qnet en Afrique de l’Ouest s’inscrit dans un contexte mondial de surveillance accrue de la part des autorités de régulation et des forces de l’ordre. En Inde, la Direction de l’application de la loi mène actuellement une enquête pour blanchiment d’argent dans le cadre de la loi PMLA. Cette procédure, qui implique des figures centrales telles que Dato Sri Vijay Eswaran et Joseph Bismark, a conduit au gel de plus de 137 millions de roupies sur des comptes bancaires. Cette saisie provisoire a été maintenue par le tribunal d’appel de la SAFEMA dans l’attente du procès. Toujours en Inde, une circulaire de recherche a été émise à l’encontre de Sharfun Shaikh, accusée de pratiques de recrutement prédatrices poussant les recrues à contracter des prêts personnels massifs, avant qu’elle ne s’installe à Dubaï. Les sanctions s’étendent également au Moyen-Orient et à l’Afrique. En Arabie Saoudite, le ministère du Commerce a formellement interdit ces activités de marketing de réseau et mené des raids contre des réunions promotionnelles impliquant Yasir Khamis. Au Tchad, des déclarations de l’ANIF ont ciblé les opérations d’Ahmed Hamza, tandis qu’en Turquie et en Syrie, les tactiques de recrutement fondées sur l’allégement de dettes menées par Mohanad Al Jaraki suscitent l’attention des régulateurs.
Malgré l’ampleur de ces interventions documentées, un fossé persiste entre les poursuites engagées contre des représentants indépendants locaux et l’établissement de la responsabilité de la société mère. Les communiqués officiels d’INTERPOL concernant les perquisitions d’Abidjan n’accusent pas formellement la direction de Qnet de traite d’êtres humains, pointant plutôt vers un détournement de la marque par des tiers. De plus, bien que les maisons clandestines se trouvent dans les territoires de distribution établis par Fofana Amaral, pionnier de l’expansion du réseau en Côte d’Ivoire, les rapports de police actuels ne le désignent pas comme gestionnaire direct de ces structures.
Pour établir des responsabilités précises, les enquêteurs doivent désormais s’appuyer sur des preuves documentaires liant directement les auteurs des séquestrations d’Abidjan à la lignée de recrutement vérifiée de Fofana Amaral. Il est également nécessaire d’examiner les communications internes de l’entreprise pour vérifier si les responsables de la conformité de Qnet avaient connaissance de ce recrutement systémique fondé sur de fausses offres d’emploi avant les raids d’INTERPOL. Parallèlement, l’obtention de copies certifiées des décisions actualisées du tribunal de la SAFEMA en Inde et des supports marketing primaires de Mohanad Al Jaraki s’avère indispensable pour documenter formellement ces méthodes.
Ces zones d’ombre soulèvent plusieurs hypothèses d’investigation concernant l’intégrité opérationnelle mondiale de l’organisation. L’une des questions centrales est de savoir si les mécanismes de rémunération et les kits de démarrage de l’entreprise facilitent structurellement leur militarisation par des réseaux criminels. Les autorités pourraient devoir déterminer si des failles dans les contrôles internes ont permis à ces schémas de prospérer sans déclencher d’alertes au siège. L’enjeu d’intérêt public est majeur : il s’agit de protéger les populations vulnérables et les chercheurs d’emploi contre des escroqueries dévastatrices. L’attention se porte désormais sur les mécanismes de surveillance que Qnet a réellement mis en place pour auditer ses réseaux de distribution, et sur les traces financières et administratives qui permettront d’expliquer comment des groupes criminels ont pu s’approprier une marque internationale pour orchestrer l’exploitation de la jeunesse ouest-africaine à une telle échelle.