Courcouronnes, le 21 octobre 2026. À quelques semaines des élections professionnelles, les personnels du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de l’Essonne se trouvent au cœur d’une controverse syndicale qui, au-delà des affrontements entre organisations, touche à des questions qui les concernent directement : leurs conditions de travail, les moyens dont ils disposent et la manière dont l’administration répond à leurs préoccupations.
Selon le bureau départemental de l’UFAP UNSa Justice du SPIP de l’Essonne, c’est l’action menée en faveur des agents qui serait au centre du désaccord. Dans une communication rendue publique à Courcouronnes, l’organisation affirme que FO-Justice, plutôt que de présenter un bilan d’actions concrètes en faveur des personnels, aurait choisi de s’attaquer à elle par la critique.
Les griefs formulés par l’UFAP UNSa Justice sont détaillés avec insistance. L’organisation indique dénoncer de mauvaises conditions de travail, mobiliser les personnels pour obtenir des moyens supplémentaires et interpeller l’administration sur les responsabilités qui sont les siennes. Autant de démarches qu’elle présente comme autant de sources de friction avec l’autre syndicat.
Le litige porte aussi sur la représentation des agents. L’UFAP UNSa Justice se présente comme la première organisation syndicale du SPIP de l’Essonne et souligne qu’elle y dispose d’une présence unique au sein du CSA SPIP 91, la commission administrative paritaire locale dont FO-Justice ne fait pas partie. Cette configuration, estime-t-elle, expliquerait l’attention que lui porte sa concurrente.
Pour illustrer l’utilité de cette présence, le bureau départemental cite un exemple précis concernant un projet de journée continue. Selon lui, les représentants de l’UFAP ont entendu et soutenu le mécontentement des collègues en émettant un vote unanimement défavorable, ce qui a conduit l’administration à retirer le projet. L’organisation y voit une démonstration concrète du dialogue social et du travail de ses représentants, et invite chacun à reconnaître ces résultats plutôt qu’à chercher à les minimiser.
Face à ce qu’elle qualifie de sortie de route, l’UFAP UNSa Justice retourne l’argument et demande à FO-Justice de rendre compte de son propre bilan. Quelles avancées concrètes, interroge-t-elle, ont été obtenues pour les personnels des SPIP ? Quels moyens supplémentaires ? Quelles améliorations des conditions de travail ? Quelles revendications satisfaites ? Autant de questions restées, à ce stade, sans réponse de la part de l’organisation mise en cause.
La polémique soulève enfin une question de méthode qui dépasse le seul cas essonnien : celle de la construction d’une démarche intersyndicale. L’UFAP UNSa Justice se demande comment bâtir une action commune avec une organisation qui préfère, selon elle, dénigrer ses partenaires potentiels plutôt que défendre des revendications communes. Elle relève une contradiction qu’elle juge flagrante : regretter de ne pas avoir été associé à une mobilisation tout en multipliant les attaques contre ceux qui la portent.
La prise de position se termine sur une note d’engagement. L’UFAP UNSa Justice annonce qu’elle continuera à dénoncer des conditions de travail jugées inacceptables, à interpeller l’administration et à mobiliser les personnels chaque fois que nécessaire, « que cela plaise ou non à FO-Justice ».
Pour les agents du SPIP de l’Essonne, l’enjeu demeure concret : des conditions de travail dignes, des moyens à la hauteur de leurs missions et des représentants capables de peser sur les décisions de l’administration. La période électorale qui s’ouvre leur offrira l’occasion d’arbitrer, par le vote, entre ces approches syndicales divergentes. En attendant, le débat public entre les deux organisations laisse entrevoir des tensions appelées à se prolonger jusqu’aux élections professionnelles.
Le bureau départemental UFAP UNSa Justice du SPIP de l’Essonne est à l’origine de cette prise de position.